Là où l’injustice devient juste, la résistance devient un devoir

Le tribunal de Locri/Calabre a condamné l’ancien maire de la commune de Riace Domenico Lucano, figure de proue de la culture d’accueil européenne, à 13 ans et deux mois de prison. Front-Lex conteste la sentence dans les termes les plus forts. Le procès a été organisé par un gouvernement italien xénophobe afin de dissuader les partisans des réfugiés. Le modèle d’intégration de Riace a été pris en exemple. Il renverse tout sens de la justice.

Lisez ici un extrait traduit de VOLERELALUNA (source)

Ce n’est pas la justice 01/10/2021 – Livio Pepino

Mimmo Lucano, ancien maire de Riace, a été condamné à 13 ans et 2 mois de prison par le tribunal de Locri pour une série impressionnante de crimes (association de malfaiteurs, abus de pouvoir, fraude à l’égard de l’État, détournement de fonds, fausseté idéologique, aide à l’immigration clandestine, etc.)

Mais à Locri, ce n’est pas seulement Mimmo Lucano qui a été condamné. Ce qui a été condamné, c’est l’hospitalité et l’humanité. Cela ressort clairement de l’accusation d’association de malfaiteurs et du montant de la peine infligée. C’est un monde inversé où la solidarité et la dignité humaine sont facultatives et où le modèle est l’obtusité bureaucratique. Le contraire de ce que la constitution exige.

En organisant l’accueil des migrants à Riace, Lucano a répondu aux retards et aux échecs de l’administration intérieure par des mesures administratives nombreuses et répétées.

Riace est unique dans le panorama national. D’autres villes et municipalités ont accueilli des migrants, même à plus grande échelle et avec des résultats tout aussi positifs. Mais Riace ne s’est pas limité à l’accueil et à l’intégration. L’accueil des migrants est devenu le cœur d’un projet qui comprend de nombreux éléments profondément novateurs : la pratique de la solidarité gratuite, un engagement concret contre la ‘ndrangheta, une gestion citoyenne des institutions et la revitalisation de l’un des nombreux lieux voués à l’abandon et à la dégradation inexorable. Incroyablement, ce projet a réussi malgré de nombreuses difficultés. La force de Riace était son anomalie. La capacité de rompre avec les schémas formels et l’obtusité bureaucratique. Trouver des solutions aux problèmes des gens, même lorsque les autres institutions sont absentes ou les boycottent. L’élection de Lucano pour trois mandats consécutifs a été la preuve qu’un peuple ouvert peut construire un consensus, qu’il est possible de tenir ensemble le dernier et l’avant-dernier, qu’il existe une alternative au statu quo. Rien de tout cela ne pourrait être toléré dans l’Italie des prêcheurs de haine, du gaspillage, de la corruption, du carriérisme politique, de la coexistence avec la mafia, de l’égoïsme local et du rejet de la diversité. D’où la réaction de l’establishment, les contrôles et les coupures, la délégitimation et l’invocation (inappropriée) de la légalité, le procès et l’arrestation de Lucano et enfin sa condamnation.

La peine choisie par les juges pour Lucano est presque le double de celle demandée par le parquet et déjà anormale, et supérieure à celle infligée aux responsables de la ” mafia capitale ” et à Luca Traini pour l’attaque raciste de Macerata du 3 février 2018, pourtant qualifiée de massacre : https://volerelaluna.it/controcanto/2018/02/04/buio-mezzogiorno-terrorismo-macerata/). Il est difficile de nier que cela est excessif, déraisonnable et exaspérant.

Les commentaires sont clos.